Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 10:04

Pour trouver la première partie : clic

 

On parle de l’exposition consacrée aux logements russes du XXe, vous ne l’avez pas oublié ?

Nous nous trouvons dans la maison d’une kholkhozienne au début des années 50.

 

Chez les Russes du XXe - partie IIChez les Russes du XXe - partie IIChez les Russes du XXe - partie II

En 1946, une grande famine a affecté le pays avec pour causes les suites de la guerre et la mauvaise récolte mais surtout la gestion étatique. Le gouvernement a augmenté les normes du stockage de blé et les impôts pour les régions rurales en ayant privés leurs habitants de ration étatique et dans certains cas – du payement en valeur monétaire. Les conséquences ont été tragiques ...

Quant à cette pièce, elle présente le logement de Tatiana Iéldyrioeva du village Koltsovka dans la Tchouvachie (environ 630 kilomètres de Moscou). Cette dame a été parmi 21 kholkhoziens de cette République qui ont obtenu le titre de Héros du Travail Socialiste. L’hebdomadaire « Ogoniok » a publié sa photo sur la couverture – c’est le numéro qui se trouve au-dessus de la télé. Celle-ci a été remis à Tatiana en addition au prix étatique.

Il faut dire quelques mots sur les éléphants – les avez-vous remarqués ?

Chez les Russes du XXe - partie II

Un chapelet de 7 petits exemplaires devait apporter un grand bonheur, c’est pourquoi on rencontrait ces animaux chez les soviétiques des villes et des villages. Les éléphants ont été inévitables dans les intérieurs des années 50 (et 60, et 70) malgré le mépris plus ou moins prononcé de l’idéologie officielle qui les comptait pour « une tradition bourgeoise ».

Pourtant les éléphants n’ont pas été interdits car on ne les a pas estimés aussi menaçant pour l’économie étatique que, par exemple, la décoration architecturale. Khrouchtchev lui a déclarée la guerre entre autre pour se dépêtrer de manque des logements dans les villes inondées par les réfugiés de la campagne.

Le décret standardisant les édifices a tué l’art architectural mais presque 50 millions d’habitants des kommounalkas ont reçu leurs « appartements séparés » dans les immeubles typifiés – les boîtes grises à 4 ou 5 étages.

Chez les Russes du XXe - partie IIChez les Russes du XXe - partie IIChez les Russes du XXe - partie II

Maquette de l’immeuble typifié à 4 (5) étages, Kiev, 1958.

Pour réduire le coût et la durée de la construction on bâtis les immeubles sans décoration et ascenseur, à la va-vite c’est pourquoi il était difficile d’y trouver une ligne droite, comme on blaguait à l’époque.

Ces logements bon marché, bas de plafond avaient une terrible isolation phonique, les petites pièces et les cuisines minuscules (environ 5 mètres carrés). On les a baptisés tout de suite « les khrouchtchoby » (хрущёбы) – les khrouchaudis (Khrouchtchov + taudis). Ils devraient servir pendant 25-50 ans mais jusqu’à nos jours elles continuent à héberger les citadins en constituant selon la presse environ 10 % du parc étatique de logements.

Chez les Russes du XXe - partie IIChez les Russes du XXe - partie IIChez les Russes du XXe - partie II

La pièce et la cuisine d’une « khrouchtchoba » avec les meubles élaborés spécialement pour ce type de logements compacts où ils occupeait pas plus de 30 % de surface.

La peinture sur les murs est aussi un trait de l’époque. Dans les années 60 et 70 la vie artistique a eu deux courants : officiel et « logementiel » avec les concerts et les expositions non-conformistes. Je voudrais attirer votre attention à ce sofa. Ne souriez pas, je suis sérieuse !

Chez les Russes du XXe - partie II

Cette revue grise qui s’appelle «  Le nouveau monde » («Новый мир» Novy Mir) a fait en 1962 une petite révolution ayant publié « Une journée d’Ivan Denissovitch » d'Alexandre Soljenitsyne.

Pour ne pas vous fatiguer par les détails, je laisse sortir quelques parties de l’expositions. On déménage dans les années 70 et 80.

 

Chez les Russes du XXe - partie IIChez les Russes du XXe - partie II

Selon l’affiche explicative du musée, le mot clé de l’époque était « se procurer ». C’est parce que l’argent et les produits ne se rencontraient pas dans les magasins, comme s’ils existaient dans les plans parallèles. Pourtant cela n’empêchait pas les consommateurs à satisfaire leur besoin en confort ce qui comprenait obligatoirement les meubles yougoslaves ou tchécoslovaques, la vaisselle de cristal, une auto, les vêtements importés et les romans des auteurs classiques ... En ce qui concèrne les livres, pour acheter certains il fallait avoir les tickets (ou il faut dire « les coupons »?) qu’on recevait en échange des kilos de vieux papiers ramassés.

L’ours sur la télé n'est pas quelqu'un autre que Misha, la mascotte officielle des Jeux olympiques d'été 1980. A l’époque on le voyait partout : sur les insignes, les timbre-poste, les calendriers, les serviettes et maillots etc.

Effectivement, l'Olympiade a « occupé » non seulement Moscou, mais avant tout le budget d'Etat et les têtes des soviétiques qui après une longue période se sont trouvés nez à nez avec les étrangers. Bien sûr, il y avait les diplomates et d'autres agents administratifs qui ont été en contact avec une autre manière de vivre.

 

Chez les Russes du XXe - partie II

Pour les autres l'existence des pays différents n'a pas été une découvert non plus - tout le monde apprenait la géographie à l'école mais ... La différence vue en temps réel c'est une autre chose. Bref, l'Olympiade 1980 est entrée non seulement dans tous les médias officiels mais dans le folklore en le remplissant des histoires drôles du genre :

« Khrouchtchov a dit que vers le 1980 on réaliserait le communisme mais on a réalisé une olympiade ».

« L’ouverture des Jeux Olympique 1980, Brejnev lit l’allocution :

- Оh! Оh! Оh! Оh! Оh!

Son secrétaire lui chuchote à l'oreille :

- Ce n’est pas le caractère « o », ce sont les anneaux olympiques ! Le texte est dessous ! »

Vous me demandez peut-être pourquoi certains ont la nostalgie de cette époque du manque total ? Peut-être parce que le vrai manque total a commencé avec la Perestroika et s'est prolongé dans les années 90 où le pays est devenu un grand et sauvage marché.

Chez les Russes du XXe - partie II

Cette histoire est aussi présentée dans l’exposition mais je m’arrête ici.

Pour ceux qui voudraient visiter le Musée des arts décoratifs et voir le projet en totalité (et les autres, qui sont aussi intéressants !) voici l’adresse :

Moscou (c'est évident !), 3 rue Délégatskaya (ул. Делегатская, д. 3), près de la station du métro « Mayakovskay » («Маяковская») ou « Tsvetnoy boulevar » («Цветной бульвар»)

Voir sur le plan : clic

Tél. : +7 495 609 01 46.

Ouvert :

de 10h jusqu’à 18h – lundi, mercredi, vendredi, dimanche   

de 10h jusqu’à 21h – jeudi

de 12h jusqu’à 20h – samedi

Fermé : le mardi, le dernier lundi du mois.

Musée des arts décoratifs à Moscou

Musée des arts décoratifs à Moscou

Partager cet article

Published by Plume de loin La Plume de loin - dans vie quotidienne l'histoire
commenter cet article

La publicité que vous voyez à côté n'a aucun rapport avec mes textes. Son apparition provient de la nouvelle politique d'over-blog.

A propos du blog

Basil_de_Moscou_3.jpgDescription: je suis russe, j'habite Moscou et c'est ma ville qui est le personnage principal de mon blog. J'aimerais vous présenter un tel Moscou qui n'est pas officiel.
Contact

Facebook

Pour me poser des questions sur la Russie vous pouvez aussi utiliser Facebook.