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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 14:48

Qu'est-ce que vous faites pendant les fêtes ? Moi, je porte mes lunettes au musées. C'est une sorte de chasse oú le gibier est la découverte.
Voici mon trophée d’hier :


Tropinin, « Une Dentelière »   photo de l'archive du magazine russe « Ogoniok »
Vassili Tropinine
« Une Dentelière », 1823.
  Nikita Koslovsky, « La komsomol
Anna Kapitchan travaille à l’usine
« Totchéléctropribor », 1963.

A gauche, c’est le portrait réalisé par Vassili Tropinine, un peintre russe du XIXe siècle. Il était un serf du comte Morkoff, lieutenant-général et chef de la levée en masse de Moscou pendant la guerre de 1812.
Le propriétaire a fait Tropinine l’apprenti d’un confiseur mais, ayant remarqué son talent du peintre, l'a envoyé au Saint-Petersbourg à l’Académie russe des beaux-arts qui venait de commencer à admettre les serfs aux études. Selon la loi, un tel étudiant obtenait la liberté avec le diplôme c’est pourquoi les possesseurs reprenaient leurs esclaves élevés avant les examens finals. C’était le cas de Tropinine. Etant emmené d'abord dans le manoir ukrainien du comte et puis dans sa maison à Moscou le peintre restait un serf, bien qu'avec un statut privilégié. Il n’est devenu libre qu’à l’âge de 47 ans.
C'était en 1823 et cette même année Tropinine a présenté au conseil de l’Académie des beaux-arts cette peinture. Elle a été appréciée hautement et son auteur a reçu le titre de candidat. Un an plus tard, Tropinine est devenu académicien aux beaux arts.
Sa « Dentelière » se trouve maintenant dans la galerie Tretyakov mais ... non seulement ! On raconte que le peintre l’a copiée plusieurs fois (voilà ce que c'est que de ne pas avoir de photocopieur !) c’est pourquoi on peut rencontrer cette fille dans les autres musées. Un adresse sûr : la Maison Tropinine à Moscou oú on peut voir ses autres oeuvres (le musée sur le plan de la ville : clic). C’est là oú je l’ai trouvée hier.


Tropinin, l'autoportrait   Dans la Maison Tropinine à Moscou.
Vassili Tropinine
« L'autoportrait avec les pinceaux
et le chevalet, devant une fenêtre
qui donne sur le Kremlin », 1844.
  Un peu d'exposition
de la Maison Tropinine à Moscou.

Cependant « La Dentelière » est tellement célèbre en Russie que certains créateurs russes lui font allusion presque involontairement, je suppose. La fille de la deuxième photo en fait un exemple. Ce portrait a été fait en 1963 par Nikita Kozlovsky, un photographe du magazine « Ogoniok ».
L’année passée, cet hebdomadaire a eu son 115e anniversaire et pour cette raison on a organisé une exposition dans le Multimédia Art Musée de Moscou. Dans sa salle j’ai découvert la « Dentelière soviétique ». A la différence de son prototype du XIXe siècle, cette femme n’est pas inconnue. Elle s’appelait Anna Kapitchan, habitait Kiev et travaillait à l’usine spécialisée dans l'équipement électrique de haute précision. Quelles parallèles quand même !



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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 17:43

:)

NA_2015.jpg

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 17:46

Pour trouver la première partie : clic

 

L’observatoire principal de la tour Ostankino est abrité et ouvert pour les visiteurs toute l’année. Pourtant il faut faire attention : en automne, les conditions météos peuvent transformer les fenêtres panoramiques aux hublots d’une soucoupe volante dans le hyperespace.Les nuages et le brouillard font une escorte saisonnière de cette hauteur « télévisée ».

Moscou, la tour de télédiffusion Ostankino

Donc, à propos de la télé ! A l’époque soviétique, outre les reportages optimistes sur les progrès des kolkhoziens, la tour Ostankino diffusait d’autres actualités. Par exemple, celles du cinéma y compris occidental. Dès année 60, par exemple, existait une émission qui s’appelait « Le cinépanorama » qui consacrait quelques minutes aux films étrangers. Grâce à elle les Russes apprenaient ce qu'allais tourner Federico Fellini, sur quels rôles travaillaient Alain Delon ou Brigitte Bardot etc.

Moscou, la tour de télédiffusion Ostankino Moscou, la tour de télédiffusion Ostankino

  De la hauteur de cette tour on peut voir presque tout ce qu’on veut s'il fait beau. Surtout le soir.

 

Une autre émission titrée « Les mélodies et les rythmes de l’estrade étrangère » a existé seulement 7 ans de 1977 à 1984 – mais a exercé une influence énorme sur le public soviétique. Elle retransmettait les concerts des artistes étrangers : Gilbert Bécaud, Dalida, Joe Dassin, plus tard – ABBA et « Boney M » etc. Bien sûr, la censure contrôlait tous les sujets avec toute sa sévérité quand même les parcelles de la musique faisaient entrer en URSS celles de la mode, du comportement, de tout le monde étranger.

Moscou, la tour Ostankino, à l'interieur  

 

Les visiteurs de la tour peuvent sentir un peu les quotidiennes des habitants du Sion,

la ville souterraine du « Matrix ». A la différence d’elle, l’intérieur de la Tour Ostankino

se trouve au-dessus de la terre mais il y a aussi ces lumières jaunâtres et pâles sur les murs

sombres, les appareils étranges et les âmes perdues ))

 
Moscou, la tour Ostankino, à l'interieur Moscou, la tour Ostankino, à l'interieur


Il faut dire que les années 60 est une période particulière de l’histoire soviétique. C’était l’époque d’un nouvequ regard sur l’économie (la réforme de Liberman) et d’un essor des réflexions sur la vie soviétique ce qui s’exprimait dans la culture. En 1962, on publie « L’une journée d’Ivan Denissovitch» d’Alexandre Soljenitsyne. En décembre 1965, à Moscou, on réalise la première manifestation politique en URSS. C’est là, dans les années 60, où prend son début le mouvement des bards – des auteurs-compositeurs-interprètes comme Alexandre Galitch, Vladimir Vyssotski, Boulat Okoudjava. Leurs chansons demi-lyriques, demi-satiriques, exécutées avec une guitare, étaient un miroir des mœurs soviétiques. Elles énervaient beaucoup les fonctionnaires mais étaient beaucoup aimées par les « gens simples ». Ces derniers, surtout les jeunes, cherchaient aussi à s’exprimer en tant qu’artistes non-professionnels et c’était la télévision qui leur a offerts cette possibilité. Dans les années 60, on a créé une émission qui s’appelait « Le club des joyeux et des ingénieux ». Cette joute d'esprit parmi les équipes d’étudiants devenait très souvent non seulement humoristique mais aussi politique. Elle a remporté un succès tellement grand, que les concours de ce type émergeaient hors de la télé : dans les entreprises, aux Universités, aux écoles – et partout on se moquait des défauts de la vie soviétique. Enfin, l’émission a été fermée en 1971. Pendant la Perestroika, on en a recommencé ces compétitions et elles existent jusqu’à nos jours.

Tout ça mérite les articles spéciaux, je vous le raconte simplement pour montrer l’ambiguïté du contenu que la tour Ostankino fournissait aux téléspectateurs « à l'aurore de sa vie ».

Moscou, le musée de la tour Ostankino
 A l'interieur de la tour Ostankino il y a aussi un petit musée.
Moscou, le musée de la tour Ostankino

 

Cependant, la tour accomplissait aussi une certaine fonction réceptive ! A l’hauteur d’environ 330 mètres il y avait un restaurant nommé « Le Septième ciel ». Il occupait trois étages chacun desquels abritait une salle pour 80 personnes. Le nombre modeste de visiteurs a été conditionné par la spécificité de la construction. La même raison expliquait ce que l’attente des commandes y était plus longue que dans les restaurants terrestres. La surface du « Septième ciel » était si petite qu'elle ne pouvait pas contenir la cuisine et on l'a disposée au premier étage. Les plats prêts s’envolaient vers les salles grâce à l'ascenseur spécial pour être réchauffés et puis servis aux visiteurs. Ce processus n'était pas rapide mais les clients avaient de quoi s'amuser : les salles du restaurant tournaient autour de leur axe en ouvrant une vue de la ville qui changeait comme dans le cinéma.

Moscou, le musée de la tour Ostankino Moscou, le musée de la tour Ostankino


Pourquoi donc mon récit sur le restaurant est au passé ? Ce n’est pas à cause des sanctions, je vous assure. Le « Septième ciel » a disparu des guides touristiques en 2000, après un incendie. Le feu a commencé à cause du câble d'une antenne de télévision à la hauteur de 460 mètres. Il descendait en mangeant tout ce qui était sur sa route et on ne pouvait pas le couper. Brusquement, quelqu'un a pensé du ... WC du restaurant. Il faut dire que sa canalisation produisait une pression énorme ce qui permettait livrer l'eau directement vers le « Septième ciel », sans pompes intermédiaires. Pendant l'incendie, on a libéré ce jet d'eau et il a arrêté la flamme en 70 mètres environ de la terre. Après l’incident, les sceptiques prédisaient l’effondrement de la tour mais elle a résisté : quand même son architecte a promis qu’elle tiendrait debout au moins 300 ans ...

Moscou, la tour de télédiffusion Ostankino Moscou, le musée de la tour Ostankino

 C'est seulement la neige.

Photo du site web de la tour Ostankino.

Voilà tels qu'ils sont, ces câbles qui transmettent

les signaux de télévision. En 2000, l’un d’eux

a décidé d’être un transmetteur du feu ...

 

Pas à pas la tour Ostankino revenait à ses tâches diffusantes et perceptives. Son sommet transmet les signaux de télévisions et des réseaux mobilets, ses points panoramiques accueillent les touristes. Cette année, la tour va remplacer à quelque sens la Tour Spasskaïa du Kremlin. L’image de celle-ci apparaît traditionnellement sur toutes les chaînes de télé russes quelques minutes avant du Nouvel an car son carillon donne l'heure à tout le pays. Pourtant cette fois on ne la verra pas à cause d’un tissu qui enveloppe la Tour Spasskaïa pour la raison de sa reconstruction. Alors, c’est la tour Ostankino qui offre maintenant une horloge électronique montrant les dernières heures du 2014.

Moscou, la tour de télédiffusion Ostankino Moscou, la tour de télédiffusion Ostankino

 

Enfin, pour 2015 on planifie la réouverture du « Septième ciel ». On verra. Pour cette minute-là, je vous souhaite d’avoir une magnifique rencontre de la Nouvelle anée. Qu'elle vous offre votre septième ciel, quel que soit son hauteur et sa disposition géographique !

Grand-père Gel visite la tour de télédiffusion Ostankino

  Grand-père Gel avec sa petite-fille a visité la tour Ostankino il y a quelques jours.

Les journalistes en sont les témoins ;)

 

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 20:20

Regardez ce que j’ai trouvé dans Internet ! Aujourd'hui c'est donc l'anniversaire ! 

tour Ostankino 08

Feuille d'Avis du Valais et Journal de Sion - quotidien indépendant,

mardi 30 novembre 1965.

 

La première transmission de télévision en couleurs entre Moscou et Paris a eu lieu le 29 novembre 1967. C’était la conséquence directe de l’invention du SECAM en France et de son adaptation en URSS. Environ un mois auparavant, les mêmes faits ont produit une nouvelle téléréalité russe : dorénavant elle était colorée, y compris les reportages sur les kolkhozes et les congrès des députés. On pourrait dire que la France a ajouté de la couleur à la propagande soviétique)))


Voici le programme de la chaîne 1 publié par le journal « Troud » (« Le travail »),

28 avril 1965 :

jdM 2015 27

12h00 – Actualités

12h10 Dans les espaces de la Patrie

12h30 A toi, jeunesse !

16h55 Programme des émissions

17h00 «L’école du sportif débutant »

17h30 «Le principal sur la science, les découvertes, les rêves »

18h00 Pour le 20e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne fasciste. « Au nom de la Patrie », partie 3e.

18h30 Tchaikovsky, « Le Casse-Noisette ». Le spectacle du Théâtre academique de Kiev. Pendant l'entracte : 19h30 «Dans un scaphandre au-dessus de la planète » - un film.

19. 40 Actualités

21.00 « La jeunesse » à l’antenne (« La jeunesse » est le nom d’un magazine télé). Une émission du Léningrad

22.10 Actualités

22.25 Match de football. La sélection de meilleurs joueurs des pays différents – la séléction de clubs anlgais.

 

 

Bien sûr, ce n'est qu'un exemple et il y avait d'autres émissions, y compris les directs qui ajoutaient de la nervosité à la censure. Mais ce n’est pas la qualité de l’idéologie dont je veux parler. C’est de son centre.
La télé est apparue en Russie en 1931. Dès 1939, où la télévision est devenue régulière, c’était la tour Shoukhov qui la fournissait aux spectateurs, très peu nombreux à l’époque.

tour Shoukhov 02 tour Shoukhov 08

 

Après la Deuxième guerre mondiale, la situation a commencé à changer et vers 1960 le gouvernement russe a découvert plus d’un million de téléviseurs en URSS. Leur nombre s’agrandissait rapidement ce qui ressemblait sans aucun doute à une ressource idéologique à assimiler ! Il fallait augmenter le nombre d’émissions et leur zone de couverture aussi. De plus, on en avait une grande raison: le cinquantenaire de la révolution d'octobre qui pendait au nez ... Bref, le gouvernement soviétique a pris la décision sur la construction d’un nouveau centre de télédiffusion. C’est pour cela qu’en 1967, on a édifié une construction gigantesque dont le titre complet était « La station pansoviétique de la télédiffusion au nom du cinquantenaire d’Octobre ».

tour_Ostankino_19.JPG
En langue normale on l’appelait et l’appelle plus court : la Tour Ostankino d'après le nom de l’endroit historique où elle se trouve. (A propos : c’est le même quartier où se trouve le Centre panrusse des expositions. Cette année il a célébré son 75e anniversaire et pour un cadeau on lui a rendu son nom initial de l’Exposition des réalisations de l'économie nationale. Pour faciliter la vie des touristes, évidemment !)


tour Ostankino 17 tour Ostankino 13

 

En Russie on dit souvent qu’ici on retourne tout des pieds à la tête. Sans blaguer, la nouvelle tour de télévision en était un exemple sérieux. Ce monstre de 540 mètres a pour modèle un lis renversé. Ses pétales en béton précontraint assurent la stabilité de la tige dont le sommet se perd dans les nuages. Quant aux « racines » de cette « fleur », elles sont environ 4,5 mètres - c'est la profondeur de sa fondation. Pendant la visite guidée dans la tour on vous le raconte en étant déjà à la hauteur de 337 mètres, sur une plate-forme panoramique vitrée. Donc, conservez votre calme ...
 

tour Ostankino 07 tour Ostankino 05

 

L'architecte de la tour Nikolaï Nikitine créait toujours les structure presque fantastiques

mais efficaces. C'est lui, qui a proposé les colonnes flexibles pour l'Université d'Etat de Moscou

ce qui a permis à édifier ce gratte-ciel sur un sol instable.

 

Dès son apparition, le nouveau centre de télédiffusion accomplissait plusieurs fonctions. Par exemple, celle d'une station météorologique et de la liaison de la téléphonie sans fil pour le gouvernement.

tour Ostankino 10
 Le voilà ce truc qui nous donne les prévisions météorologiques.
Il sait tout sur le climat d'Etat ;)

 

A vrai dire, cela n'a pas marché avec la téléphonie à cause de la faiblesse du signal.

En revanche, l'intérêt des citadins à la nouvelle tour était très fort. Juste après son ouverture, dans les années 70, il était presque impossible d’obtenir les billets pour la visiter. On les distribuait par les syndicats selon les listes et ceux qui vouler être au top attendaient son (et sa) tour pendant plus de 2 mois.

tour Ostankino 18
C'est ce que la tour voit quand elle regarde où elle met ses pieds :-)

 

Pourtant cette construction fabuleuse  avait un autre endroit, encore plus attractif pour ceux qui voulaient se sentir les citadins du ciel.

 

La suite : clic

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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 15:54

Le blog n'est pas abandonné.

Ne quittez pas comme on dit : il s'agit juste d'une petite pause ... musicale !


Les oranges de couleur beige

                             Léonid Filatov                                 Vladimir Katchan

 

 

      le vidéo est réalisé par Svétlana Téplinskaya

У окна стою я,

                            как у холста:

ах, какая за окном красота!

Будто кто-то перепутал цвета,

и Неглинку, и Манеж.

Над Москвой встаёт зелёный восход,

по мосту идёт оранжевый кот,           

и лоточник у метро продаёт        

апельсины цвета беж.

Près de la fenêtre je suis

                             comme près d’une toile :

ah, quelle beauté est dans la fenêtre !

Comme si quelqu’un avait confondu les couleurs,

et la Néglinka1, et le Manège2.

Une aube verte se lève au-dessus de Moscou,

un chat orange marche sur un pont

et un colporteur vend près du métro

les oranges de couleur beige.

un chat moscovite

Вот троллейбуса мерцает окно,

пассажиры – как цветное кино.

Мне, товарищи, ужасно смешно

наблюдать в окошко мир.

Этот негр из далёкой страны         

так стесняется своей белизны,

и рубают рядом с ним

                                      пацаны

фиолетовый пломбир.

 

И качает головой постовой,

он сегодня огорошен Москвой,

ничего он не поймёт, сам не свой,

словно рыба на мели.

Я по улице бегу – хохочу,

мне любые чудеса по плечу,

фонари свисают – ешь не хочу –

как бананы в Сомали.

 

У окна стою я,

                            как у холста:

ах, какая за окном красота!

Будто кто-то перепутал цвета,

и Неглинку, и Манеж.

Над Москвой встаёт зелёный восход,

по мосту идёт оранжевый кот,           

и лоточник у метро продаёт        

апельсины цвета беж.

 

Voici un trolleybus dont la fenêtre scintille,

les passagers sont comme un film en couleur.

Cela m’amuse beaucoup

de regarder le monde par la fenêtre.

Ce Noir d’un pays lointain

est si confus de sa blancheur

et les garçons à son côté mangent

                                    de toutes leurs dents

les glaces Plombières violettes.

 

Et un agent secoue la tête,

aujourd’hui il est épaté par Moscou,

il ne comprend rien, il est en plein désarroi,

comme un poisson sur le sable.

Je cours dans la rue en riant aux éclats,

Tous les merveilles sont dans mes cordes.

Les lanternes pendent – mange les à souhait

comme les bananes en Somalie.

 

Près de la fenêtre je suis

                            comme près d’une toile :

ah, quelle beauté est dans la fenêtre !

Comme si quelqu’un a confondu les couleurs,

et la Néglinka, et le Manège.

Une aube verte se lève au-dessus de Moscou,

un chat orange marche sur un pont,

et un colporteur vend près du métro

les oranges de couleur beige.

 

1Néglinka, Néglinnaya est une rue au centre de Moscou.

2Situé tout près du Kremlin, le Manège est maintenant un centre d'expositions.

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 13:27

Cette recette porte le nom du fondateur du musée Pouchkine à Moscou et de la célèbre poétesse russe du début du XXe siècle. Selon la légende, c’est dans la maison de Ivan Tsvetaïev et ses filles Marina et Anastasia qu’on offrait souvent cette charlotte aux visiteurs. Comme les soirées chez Tsvetaïevs étaient toujours peuplées, la tarte devait être bien goûteuse. Elle est aussi très facile à préparer, j’en ai une confirmation « en béton armé » mais je le présenterai plus tard. Avant tout – la recette. cuisine russe : charlotte Tsvetaïev

Ingrédients 

Pour la pâte :

 

Pour la farce:

250 g de farine

 

100 g de crème fraîche

(au moins 20 % de matière grasse)

 

150 g de beurre froid

 

1 petite cuillère de levure chimique

 

200 g de crème fraîche

(au moins 20 % de matière grasse)

200 g de sucre

1 oeuf

2 petites cuillères de farine

4 grandes pommes

(préférablement d’une sorte aigre)

 

Préparation

 

1. Mélanger la farine et la levure chimique.

2. Hacher le beurre et le mélanger avec la farine pour que les miettes grasses apparaissent.

3. Ajouter la crème fraîche et faire rapidement une pâte lisse et homogène.

4. Envelopper la pâte d'une pellicule plastique et mettre au frigo pour 30 minutes.

Tandis que la pâte repose, il faut préparer la crème.

5. Fouetter la crème fraîche avec le sucre, l’oeuf et la farine.

6. Eplucher les pommes, les couper en tranches minces et les arroser avec le jus de ½ de citron afin qu’elles ne noircissent pas.

7. Prendre la pâte du frigo.

Badigeonner un moule à tarte avec du beurre; y mettre la pâte, puis les tranches de pommes par-dessus.

8. Verser la crème sur les pommes.

9. Mettre le moule au four réchauffé jusqu’à 180 oC et faire cuire pendant environ 45–50 minutes.

On peut saupoudrer la tarte de sucre en poudre ou de cannelle.

charlotte Tsvetaev 01
 Merci à Marina Kozlova pour la photo.


Quant à la facilité, je vous a promis à présenter une confirmation et je vous la présente :

le festival de la charlotte à MoscouCe garçon a réalisé lui même la tarte Tsvetaïev pour le Festival de la charlotte et a gagné le prix pour le meilleur gâteau préparé par un enfant.

Tandis qu’il recevait son prix, j’ai demandé à sa mère Marina de me confier la recette. Elle m'a aussi transmis la photo de la tarte en entier car moi, je ne suis pas parvenue de la faire : pendant le Festival, les tranches de la charlotte disparaissaient trop vite

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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 17:02

Si ce n'est pas d'information utile c'est quand même une tranche de la société russe contemporaine ...

 

Ce bâtiment du XIXe abrite maintenant un théâtre qui porte le nom de Nikolay Gogol, un des « pères-fondateurs » de la littérature russe. On dirait, c’est le classique respectable en personne. Pourtant c’est la façade qui est tranquille, pas le contenu.

le Gogol Centre à MoscouAvant 1917, l’immeuble était un dépôt de machines. Il fallait donc avoir une logique révolutionnaire pour y installer un théâtre considéré comme académique. Il y est resté jusqu’en 2012 où la municipalité l’a modernisé jusqu’au Gogol Centre, « l’espace dynamique qui fait rencontrer le sentiment de liberté absolue et celui de réalité objective ...» La transformation a provoqué un scandale (la situation classique, quand même) mais ce n’est pas le sujet de ce billet. Il s’agit de ce qui est arrivé, dimanche passé, avec le hall de cet «  espace » offert pour quelqu’un encore plus dynamique.

le Gogol Centre à Moscou

charlotte 19 charlotte 18


Mais qu’est-ce qu’ils font tous ces gens ?

Ils ... charlottent !

le festival de la charlotte à Moscou

Dommage que ce verbe n’existe ni en français ni en russe car cela serait la meilleur et la plus courte définition de tout ce qui a eu lieu dans le théâtre. Bien sûr, l’évènement a eu son nom officiel – le 4eme Festival de la charlotte. Organisé par le fond « Les coeurs d’enfants » il a uni les amateurs de la tarte aux pommes. Les spécialistes de sa préparation et ceux de son engloutissement sont venus en famille pour vendre au pour acheter les charlottes au profit de la charité.

charlotte 12 charlotte 21

 

Antonin Carême, l’inventeur de la « charlotte russe », supposait à peine qu’un siècle plus tard, sa tarte aux pommes soit une des préférées en Russie. Evidemment, on a changé la recette du chef français, surtout après la révolution qui n’y a laissé que quatre ingrédients : oeufs, pommes, farine et sucre. Cette simplicité a fait de la charlotte une reine de la cuisine automnale en URSS mais il fallait attendre des années 2000 et l’apparition des « Coeurs d’enfants » pour que la tarte reçoive un rôle humanitaire.

charlotte 11 charlotte 25


Le but du fond est d'aider les enfants menacés par les pathologies cardiaques compliqués par l’absence d’argent dans leurs familles. L’organisation des Festivals de la charlotte en est un moyen efficace. Effectivement, le secret du succès est classique : une fête, plutôt familiale, soutenue par les entreprises-sponsors.

charlotte 13 charlotte 14

 

Invitez les dames et les monsieurs à présenter leurs charlottes, vendez chaque morceau pour 100 roubles (2 euros)

le festival de la charlotte à Moscou

 

ajoutez la loterie (300 roubles/6 euros pour un billet)

le festival de la charlotte à Moscou

épicez par une vente aux enchères des tartes faites par les célébrités – et voilà !

 

charlotte 22 charlotte 16

Ce n’est pas un Sotheby’s mais 10 000 roubles (200 euros) pour une charlotte c’est pas mal.

En cas où il ne s’agit pas du maître Carême, bien sûr ;)


En total, le 311 900 roubles (environ 6 240 euros) sont accumulés pour une petite fille qui a besoin d’une intervention chirurgicale dont le prix constitue 256 195 roubles (environ 5 120 euros). Ce n’est pas terrible à l’échelle mondiale mais immense pour une famille gagnant 30 000 roubles (600 euros) par mois ...

 

charlotte 10 charlotte 09

Le moment culminant du festival : le Maître de charlotte et la Reine de charlotte sont choisis

et reçoivent leurs prix pour les meilleures tartes.

 

Certains demanderaient pourquoi l’Etat ne se charge pas de ces enfants. Si ce n’est qu’un grognement, je le trouve trop en style de l’URSS. J’ai vu pas mal de personnes que la vie soviétique a habituées à tout critiquer sans rien faire. Ils transmettent ce comportement à leurs enfants qui continuent la grande affaire des parents : attendre que les autres résolvent les problèmes.

charlotte 05 charlotte 23


Il semble que ceux qui « charlottent » pensent autrement : si tu peux faire quelque chose – vas-y ! Cela ne veut pas dire que le gouvernement n’est pas responsable. Tout simplement, pour le faire bouger il faut bouger soi-même. En ce cas, pourquoi ne pas commencer par les charlottes de charité ?

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 13:31

C’est dans un supermarché que j’ai reçu cette pièce qui a le symbole nouveau du rouble au lieu du chiffre signifiant la valeur.

monnaie russe : un roublePourtant ce n’est pas une fausse monnaie, seulement une nouvelle venue.

A la fin de l’année passée, la Banque centrale de Russie a réalisé une enquête en demandant aux citoyens de choisir parmi cinq images celle qui leur plaisait le plus. C'est celle-ci qui a gagné ce concours de beauté monétaire.

monnaie russe : un rouble


Je ne sais pas pour quelle raison on a décidé de couper le caractère premier des devises nationaux par une barre. Etait-ce l’influence de l’Europe et du symbole d'euro ?

Jadis, les étrangers ont contribué pas mal au design des monnaies russes mais principalement à l’époque de Pierre le Grand. Au début du XVIIe siècle, la Monnaie moscovite avait  un artiste français parmi ses salariés réguliers. Solomon Gouin était connu pour la qualité des matrices qui sortaient de ses mains. Il a même créé un type particulier de portraits sur les médailles. Pourtant c’est presque tout ce qu’on sait sur sa vie ... C’est bien dommage que M. Gouin n’ait pas laissé de mémoires sur son boulot dans le milieu financier de Moscou de XVIIe. Ce témoignage pourrait être spectaculaire.

rouble_russe_04.JPG

Voulez-vous un rouble comme cadeau ? Dans une enveloppe spéciale il

se vendait pendant le Jour de Moscou, étant entouré par les autres trésors

du marché aux puces. Un début un peu ambigu pour une monnaie récente ...


En revenant vers l’origine de ce symbole nouveau du rouble : il y a peut-être une tentative d’une allusion linguistique ?

J’explique : le mot russe « rouble » provient du verbe « roubit’ », ce qui signifie « hacher » ou « trancher ». Hypothétiquement c'est parce que jadis on dépeçait les lingots d’argent pour avoir de quoi payer ses achats. L'explication n'est pas sûre, quand même dans les expressions les plus récentes on peut trouver les pistes de ce découpage. Aujourd’hui quand quelqu’un se fait pas mal d'argent, on dit qu’il « hache (tranche) le fric ».

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14 septembre 2014 7 14 /09 /septembre /2014 15:05

L’histoire devient à la mode à Moscou : il n’y a plus d’évènements sans les mentions du style russe ou soviétique. La tendance serait bonne si ces allusions n’étaient pas trop schématiques et répétitives. Ainsi on risque à réduire la culture russe aux blini, matriochka et balalaika qui tournant autour du portrait de Staline. C’est une histoire émaillée voir étrangère.

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Pourtant l'engouement pour le passé peut attirer l’attention au présent. J’ai décrit le rôle de certains phonographes dans une protestation. Un autre exemple : les visites guidées à travers des endroits non-touristiques. C’est ce qu’on a eu pendant le Jour de Moscou grâce au mouvement « Archnadzor » (« La surveillance architecturale »). Cette organisation est connue dans la ville par son activité de défense des bâtiments historiques. Quant aux visites guidées qu’elle a organisées, c’était un bon prétexte  pour inviter les citadins à la manifestation contre la destruction du visage historique de la ville.

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 Pendant la manifestation de « l’Archnadzor » après la fête de la ville .


Les Moscovites connaissent bien le nom de Roustam Rakhmatoulline, un des organisateurs de « l’Archnadzor », professeur de l’Université d’Architecture de Moscou. Il y a un an il était parmi ceux qui s’était montés sur la coupole de la maison Tolstoi en essayant d’empêcher sa démolition illégale. La police les a arrêtés, puis libérés très vite.

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 Pendant le Jour de Moscou Roustam racontait

aux  excursionnistes l’histoire du monastère

Vysokopétrovsky (le monastère de Métropolite

Pierre) qui fêtait son 500e anniversaire.

 Pendant la manifestation il a résumé les trois ans

du travail du nouveau maire moscovite. Le bilan :

la démolition des objets historiques continuait,

les destructions illicites restaient presque

impunies car il n’y a pas de loi nécessaire.

 

Une des revendications principales des manifestants était l’organisation d'un comité de l’héritage culturel qui comprendrait des représentants du pouvoir et du milieu scientifique, des experts. C’est pour résoudre ensemble les questions brûlantes sur l'héritage historique. C'est aussi pour ne pas perdre la sensation de l’authenticité étant entouré par l’apparence de l’histoire et de l’art.

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  « Les habitants du centre ville sont POUR

la conservation de la vieille Moscou  

« Le meurtre de la tour Shoukhof est

l’opprobre mondial de la Russie !»

 

En revenant à la visite guidée : le quartier autour du monastère est historique mais pas touristique ce qui pose des problèmes au guide même s’il est génial et érudit. Premièrement, les vieilles rues moscovites ne sont pas du tout adaptées aux promenades en groupe.

Moscou, une visite guidée

Deuxièmement, la disparition des bâtiments historiques et les nouvelles constructions exigent autant du travail  d’imagination que de celui des yeux.

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Roustam : « Figurez-vous l’absence de cet édifice et vous trouverez une vue magnifique ... 

Enlevez ces détails et ce palais apparaîtra devant vous tout beau et somptueux ».

 

C'est une histoire fragile, presque imperceptible. Cependant, elle offre des découvertes intéressantes !

Moscou, la maison où Louis Alexander Berthier se logé en 1812

Ce bâtiment n’est autre que la résidence de Louis Alexandre Berthier, major général de l’armée de Napoléon. A l’époque, c’était, bien sûr, un hôtel de ville qui appartenait à une famille de la noblesse russe. Puis, l’ediffice à été réfait - à la fin du XIXe et après la révolution de 1917. Les deux fois c'était pour les raisons pratiques : les citadins nouveaux avaient besoin des logements. Rien n’a changé ...

 

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Une bicyclette sous le balcon –  un vestiges de

l’époque soviétique avec ses kommounalka.

La symbolique musulmane à côté d’une

cathédrale orthodoxe n’est pas un vestiges,

mais l’effet d'une rue étroites : l’ambassade

de l’Algérie se trouve près du monastère.

 

Un autre voisinnage étrange :

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La vieille cathédrale du monastère regarde le musée de l’art contemporain - une disposition presque symbolique. L’une a été bâtie par Alosius le Jeune l’auteur de la cathédrale de Saint-Michel du Kremlin. L’autre est la fondation de Zourab Tsérételi, sculpteur contemporain d’origine géorgienne qui était proche du maire précédent de Moscou et qui reste maintenant le président de l’Académie russe des beaux-arts. A mon avis tout ça n’ajoute pas de la beauté à ses oeuvres.

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Une des oeuvres de Tsérételi qui ne sont pas

moches, à mon avis : un homme géorgien.

Son geste est décent, simplement

typiquement géorgien.

Cet escalier n’a pas été créé par le fondateur

du musée. Il l’a achetée à Paris. Pendant une

restauration, on a remplacé deux volées

de la tour Eiffel. Les nouvelles parties ont été

installées et les anciennes - on les a vendues

à quelques musées d’art contemporain. 

 

A vrai dire, je trouve que dans la plupart des oeuvres de Tsérételi sont fantastiquement laides et prétentieuses. Comme la plupart de pièces de l'art contemporain.

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L’exposition « Les voies de l’art allemand de 1949 jusqu’à nos jours » présentée

dans le musée de Tsérételi. Pardon, mais c’est terrible !


Evidemment, je le dis car je ne comprends goutte à l'art contemporain 

Une autre version : il y a peut-être peu d’art et trop de l’apparence ?

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9 septembre 2014 2 09 /09 /septembre /2014 17:58

Le premier WE du septembre moscovite fut contradictoire.

Moscou, le square NovopoushkinskyD’une part, il faisait beau. Le soleil passant à travers le feuillage vert et jaune submergeait la ville par une limpidité apaisante. D’autre part, c’était le Jour de Moscou ce qui a ajouté de l'effervescence au centre ville. Les deux faits se croisaient en provoquant un fort étonnement des touristes qui se trouvaient soit dans la tranquillité d’un square, soit entourés par la fanfare d’un cirque qui est sorti dans la rue.

le cirque de Moscou le cirque de Moscou

 

Même en s’éloignant du Kremlin, les étrangers trouvaient le bariolage, peut-être encore plus fort que sur la Place rouge.

Comme d’habitude pendant cette fête, chaque boulevard avait son thème, on pouvait flâner de l’un à l’autre en découvrant la vie festive par hasard, sans avoir son programme précis.

Jour de Moscou 2014 Jour de Moscou 2014

 Les collaborateurs du Musée de la culture juive

et du Centre de la tolérance

 

Les « chocolatiers » de l’entreprise suisse

« Lindt » viennent de distribuer le contenu

sucré de leurs boîtes.

Discutent-ils maintenant de l’embargo ?

 

Je ne savais pas ce que les visiteurs étrangers pensaient à propos de cette mer moscovite de couleurs mais voici ce que j’ai remarqué en tant que une de ses petites gouttes.

 

Les gens truculents

En effet, c’était le sujet d’un des boulevards moscovites. C’était, peut-être aussi un des endroits les moins politisés.

Moscou : le Jour de la ville Moscou : le Jour de la ville

 

Les jeunes artistes de plusieurs théâtres et les enfants comme leur public principal – les voilà, les gens vraiment truculents et de plus vraiment libres, avant tout de l’idéologie de n’importe quelle origine.

Jour de Moscou 2014
Jour de Moscou 2014

 

Effectivement, il est inutile de discuter qui est le plus civilisé et avancé dans un monde où il y a des courses de moutons et l'on peut adopter un chien-bolide.

Moscou : le Jour de la ville Moscou : la fête de la ville

 

Les plongés dans l'histoire

Les jeunes créaient le monde. Quant aux adultes, ils produisaient des interprétations de ce qui a été créé par les autres. Je l’ai aperçu en suivant un autre boulevard qu’on a titré « En style rétro ». En réalité c’était un énorme marché aux puces. La majorité de ces puces étaient soviétiques ce qui a provoqué une exclamation joyeuse d’un couple anglophone à côté duquel je marchais.

Moscou : le marché aux puces Moscou : le marché aux puces

 

C’est devant un de ces comptoirs que le diable m’a tiré par la langue. J’ai dit à un des marchands que avec tous ces magazines de l'époque art nouveau il serait très organique à Paris, parmi les bouquinistes du bord de Seine. Il m’a répondu tout de suite qu’il n’y aurait aucune chance. « Vos Européens nous détestent car ils ont peur de nous, - me dit il. - Notre culture ne les intéresse pas car elle les empêche de nous regarder de haut en bas, de nous imposer leur primauté. Ce qu’ils veulent c’est que les peuples slaves se querellent pour obtenir leurs ressources naturelles et les assujettir. » Alors, bonjour ! Je me suis dépêchée de le quitter avant l’émercion des « preuves » du Grand complot américain ...

Moscou : le marché aux puces Moscou : le marché aux puces

Ci-dessus : les composants importants du rêve soviétique.

N’ayez pas peur, ils ne marchent plus et ne pulvérisent ni de la poussière, ni de la propagande.


Moscou : le marché aux puces

 

Tout à coup, les rangs de brocante se sont transformées en rangs de livres : c’était le boulevard offert aux petites maisons d’édition. Ici on convient que ces petits joueurs du marché travaillent pour les intellectuels à la différence des monstres de l'industrie avec leur production de masse. Bon, pas de commentaires. Il faut être débonnaire pour hériter de la terre.

Jour de Moscou 2014 Jour de Moscou 2014

 

Pourtant, qu'est-ce qu'on nous propose à lire ? Voici quelques livres par hasard :

  • « La captive russe d’un chat français, l’histoire adaptée pour les enfants » écrit par Mme Joukova. Si j’ai bien compris, il s’agissait de Moscou en 1812.
  • « Le monde juif  », « La biographie de Winston Churchill », « L’histoire du hassidisme », « La crise mondiale et le Japon ». Les oeuvre du genre « L’histoire adaptée pour les adultes ».

Michel de Certeau : l'Invention du quotidien

Michel de Certeau, « l'Invention du quotidien » en russe.


Dans le programme de ce boulevard littéraire il y avait aussi les discussions publiques y compris sur la société civile et sur les super-héros contemporains mais je les ai manquées en participant à un autre événement. Je vous le raconterai si ma balade festive ne vous semble pas trop fatigante.

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Basil_de_Moscou_3.jpgDescription: je suis russe, j'habite Moscou et c'est ma ville qui est le personnage principal de mon blog. J'aimerais vous présenter un tel Moscou qui n'est pas officiel.
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