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3 septembre 2020 4 03 /09 /septembre /2020 16:23

Comme les 4 éditions précédentes, celle-ci était une parfaite occasion d’observer le cinéma des films d'archives aux premières, russes et étrangères. Comme toujours : les cinéastes près des spectateurs, les débutants à côté dès pros et plus de 300 projections gratuites à choisir et à discuter. 

Pourtant la 5ème Nuit du cinéma était peut-être la plus cinématographique. Je ne sais pas si tous ses évènements commençaient par la prise de température à l’entrée mais l’ouverture en était le cas. Et l’éspace de la salle rythmé par les sièges barrés, et le public masqué, et les speakers lui faisant l’éloge du courage – bref, tout un triller postapocalypthique. Quant à la réalité, elle se trouvait sur l’écran où les Moscovites des années 40 essayaient à (sur)vivre dans l’anormalité de la guerre.

Episode 1 : Moscou en 1941 – 1945. Les chroniques du quotidien

(Russie, 2020)

C’est un documentaire dédié à 75 ans de la victoire. Une jeune équipe a reuni les fragments des chroniques et les a munis de petits légendes indiquant les noms des rues ou des faits statistiques. C’est tout. Juste les cadres du passée qui s’assemblent à un récit muet - et criant.

… Un défilé pensif des vaches devant le Bolshoï – un affluent de l’évacuation qui coulait à travers la ville en 1941.

… L’écroulement figé des ruines et – autre plateau de la balance – la vente des arbres de Noel qui bat son plein.

… Un cathédrale comblée du Kremlin – et les légendes disant qu’en 1943, on achetait les gâteaux pascals avec les tickets de pain blanc.

… Les travailleuses sur les barricades et les joueuses au hockey - les marqueurs d’une feminisation de la ville aussi prononcée qu’involontaire.

Spoiler : par hasard, les projections que j’ai choisi à voir cette Nuit ne parlaient que des femmes – chacune à sa manière.

Episode 2 : « Les Souliers percés »

(Russie, 1933)

Deux frères vivent « quelque part en Occident » et n’ont que leur père sans travail, leur mère malade et une paire de souliers. Le frère aîné va à l’école où les enfants des ouvriers se bagarrent avec les jeunes porteurs du svastika. Le petit, de 3 ans, nourrit la famille en ramassant le bric-à-brac sur les décharges.

Voici le sujet de film qui est le premier film sonore fait pour les enfants – et par les enfants dont la sincérité dans le champ est incroyable ! Ainsi que le travail du réalisateur – on croit à peine que ce soit une jeune femme qui l'a fait. De plus une femme qui recevait les vers du type :

Vous êtes une adolescente mignone

d’un roman français,

Votre domaine c’est la plage et les sourires,

les passions et le croquet. (Jury Fidler)

Elle s’appellait Margarita Barskaia et c’est vrai qu’elle était belle et que les passions étaient son domaine – celle du théâtre et celle du cinéma.

Juste une petite séquence pour comprendre de quoi je parle

Barskaia a débuté comme travesti, s’est intéressée au montage des films puis au métier de réalisateur et s’est excitée sur l'idée de fonder un studio du cinéma pour enfants. En fait, c’était le treizième des travaux d'Hercule car il n'y avait pas de méthode, d’effectifs, de moyens técnhiques et d’argent - rien. Pourtant Barskaia se lance à l’affaire. Elle élabore un système de jeu pour les petits artistes et prône auprès des fonctionnaires l'importance du cinéma pour enfant. Finalement Barskaia écrit à Staline en exigeant – exigeant ! – un studio produisant des fims pour enfants et formant des spécialistes nécessaires. 

Cette lutte n’est pas vue dans « Les Souliers ... » qui sort sur l’écran après deux ans de battalles contre les embarras financiers et idéologiques. Le film a un succès énorme et sa réalisatrice (scénariste, méthodiste, promotrice etc) recoit des félicitations ... à l’hôpital neurologique, ayant les nerfs percés comme les chaussures de deux frères. Les visiteurs de Holliwood viennent lui demander sur son système de jeu pour les petits. Un studio des films pour enfants est fondé par ordre d'en haut.

Un happy end ?

Non, malheureusement. Le deuxième film de Barskaia suscite une vague de critique même avant d’être apparu. Un directeur bolshevik qui est trop occupé pour empêcher son fils de contacter avec les criminels ? Impossible en URSS ! Barskaia est licenciée et, privée du travail, elle se suicide. Sa nécrologie n’est pas publiée, ses films sont interdits, puis oubliés comme son nom. Juste le studio du cinéma pour enfant continuait à fonctionner - et continue jusqu’ici.

Episode 3 : Jessica forever

(France, 2018)

Oui, encore une femme audacieuse. Cette fois placée dans de très beaux paysages mais au milieu d’une mauvais adaptation de ... je ne sais pas quoi, à vraie dire. Peut-être c’était une idée sur le rôle de la femme dans l’équilibre mondial ?

Je vous esquisse le sujet. Le monde refuse les jeuns garçons sans famille pour des raisons obscures mais peut-être solides car il a toute une volée des drones pour chasser ces pauvres. Ils ont pourtant une défenseuse, une certaine Jessica. Cette Jeanne d’Arc dystopique a sauvé une bonne dizaine d’orphélins et en a formé une famille nomade.

Bien que les drones ait fait leur mieux, je risquais à m’endormir devant ces plans longues où les visages muets de la compagnie devaient évidemment exprimer quelque chose d’important. Désolée, le scénario et le travail des artistes laissaient à désirer sauf peut-être une tarte aux fraises qui en tant que caméo était dé-li-cieu-se !

Y a-t-il un système de jeu pour les tartes en cinéma ?

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Basil_de_Moscou_3.jpgDescription: je suis russe, j'habite Moscou et c'est ma ville qui est le personnage principal de mon blog. J'aimerais vous présenter un tel Moscou qui n'est pas officiel.
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