Je suis russe, j'habite Moscou et c'est ma ville qui est le personnage principal de mon blog. J'aimerais vous présenter un tel Moscou qui n'est pas officiel.
Aujourd’hui on a une fête qui reste très importante pour les Russes depuis plus d’un demi-siècle : le 12 avril 1961 Youri Gagarine a fait son vol spatial, le premier dans le monde. En 2011 l'Assemblée générale ONU a déclaré le 12 avril Journée internationale du vol spatial habité.
A l’occasion de cette date mémorable il me fallait peut-être écrire sur le musée de navigation spatiale à Moscou, mais je n’ai qu’une photo sur ce sujet;
Le monument « Aux conquérants de l’espace »
se trouve près du Centre panrusse des expositions.
En outre, tant d'articles sont consacrés aux astronautes en général et au premier vol spatial habité en particulier, qu’il est difficile d’ajouter quelque chose. Dans cette quantité de faits et détails il ne manque que... il manque de la musique, peut-être.
Alors je vais l’ajouter.
Savez-vous que Youri Gagarine jouait de l’accordéon ? Cet instrument est maintenant exposé dans le musée qui se trouve dans la Cité des étoiles, près de Moscou, - une ville où on entraîne les cosmonautes russes depuis les années 60. Revenons donc aux accordéons : ces instruments confirment qu’on peut être un pionnier, un chercheur d’espace inconnu sans quitter la terre.
Donc de quelle manière???
D’une manière convaincante, je vous assure !
L'accordéon est très populaire dans le monde, mais il y a seulement quatre musées qui lui sont consacrés : en Allemagne, en Italie, aux USA et en Russie, à Moscou.
Ce dernier a été ouvert officiellement en 2000 mais comme il provient d’une collection privée, sa création était presque comme le premier vol spatial : passionnante, aventureuse, dangereuse...
L’homme qui s’occupait d’elle pendant plusieurs dizaines d’années s’appelle Alfred Mirek.
Fils d’un ingénieur allemand qui s'est installé en Russie au début du XXe siècle, Alfred Mirek avait une vie pleine de bouleversements même sans l’histoire de la collection privée. Son père fut condamné en 1937 et est mort dans un camp de concentration.
La maquette d’un aérodrome
qu’Alfred Mirek a fait à l’hôpital du camp pour l'échanger contre du pain.
En 1942 le NKVD a arrêté Alfred comme le fils d’un « ennemi du peuple ». Il a passé deux ans dans un camp à abbatre des arbres, il a fait 500 mètres cube du bois...
Dans le musée qu’il a créé, il y a des objets liés avec la vie de prisonniers, mais ils ne sont qu’une tout petite partie de l’exposition. Là l’espace principal est occupé par les accordéons et ce qui concerne leur histoire.