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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 13:16

Anna Ivannikova

Русская версия находится здесь

 

Aujourd’hui j’aimerais vous présenter une personne qui a une fonction fortement sérieus. Anna est la conservatrice des fonds du Musée d’icônes privé qui existe à Moscou depuis 2006. Le propriétaire du musée est Mickaïl Abramov, un homme d'affaires, mais ce projet n'a rien à voir avec le commerce : la visite du musée, guidée ou non, est gratuite.

  

Anne, comment c’est arrivé que vous travaillez à ce musée ?

Quand Mickaïl Abramov a commencé à collectionner les icônes, il a tout de suite décidé de faire un musée. Pour un directeur il a invité un collectionneur Nikola Zadorojny dont la femme est une chercheuse reconnue de l’art russe. En ce temps-là elle et moi avons travaillé ensemble au Musée Russe de Saint-Pétersbourg et elle m'a recommandé.

 

Y a-t-il une différence entre un musée privé et un musée d’Etat ?

Bon, il faut comprendre que dans un musée privé tout dépend de moyens du propriétaire : c’est lui qui doit tout entretenir ou trouver un sponsor. Les deux variantes sont assez difficiles. C’est pourquoi il faut vraiment remercier Mickaïl Yuriévitch pour ce qu’il a fait. Il n’est pas le premier collectionneur russe d’icônes qui avait l’idée de créer un musée privé mais avant lui personne n’a réussi. 

Moscou, musée privé d'icônes russes
  D'abord la collection a été disposée dans l'un des centres du commerce de son propriétaire mais cela n'était pas commode car il fallait faire un laissez-passer pour chaque visiteur. En outre la collection devenait de plus en plus grande, elle avait besoin d'un local plus vaste. Enfin en 2011 elle a déménagé et maintenant elle occupe deux édifices: une maison bâtie en 1883 et un édifice du début du XIXe siècle dont on a refait un immeuble en 1913. Bien sûr tous les deux sont adaptés pour garder les icônes.

 

icônes russesJe pensais que les collectionneurs n’aspiraient jamais à présenter leurs collections...

Ca dépend de l'époque. D'habitude on distingue 4 périodes dans l’histoire des collectionneurs russes. La première dure jusqu’au début du XIXe siècle. A cette époque beaucoup de vieux-croyants sont devenus des négociants riches et ont commencé à acheter les vieilles icônes correspondantes à leur doctrine. On peut dire qu’ils collectionnaient pas pour faire des collections. Dans la deuxième période on prenait déjà conscience de ce qu’on collectionnait. On a découvert que les icônes russes ont de la valeur historique. Ces œuvres ont été créées il y a 300-400-500 ans quand l’art russe ne s’exprimait que par les icônes et sculptures religieuses. L’art laïque n’existait presque pas jusqu’au XVIIIe siècle et c’est pourquoi les icônes ont acquis une grande valeur culturelle, une grande valeur d'art, mais on l'а compris seulement au XIXe siècle.

 

Parmi les artistes contemporains y a-t-il des gens doués qui créent des oeuvres "de grande valeur d'art" ?

Moi, j’ai une attitude particulière envers les icônes contemporaines : je ne les sens pas . Il ne s’agit pas de leur esprit laïque ou de la perte des traditions. Probablement la question est dans ce que le monde contemporain n’engage pas à la création d’icônes en général. L’icône russe a commencé à mourir déjà au XIXe siècle quand il y avait des villages entiers dont les habitants s’occupaient chacun d’une partie du processus de la production. Les uns ne produisaient que des planches, les autres ne faisaient que le levka (un mélange de poudre d'albâtre et de la colle pour couvrir des planches en faisant leur surface plus lisse), les troisièmes ne pouvaient que peindre des vêtements etc. C’était la production des oeuvres à forts tirages. C’est pourquoi les chercheurs ne faisaient pas attention aux icônes du nouveau temps et la plupart des livres sur l'histoire de l’art russe se terminaient par le début de l’époque de Pierre le Grand. 

icônes russes au musée privé 

Qu’est-ce que c’est « les icônes du nouveau temps » ?

Ce sont les icônes qui ont été créées entre les années 1703 et 1917. C’est que Pierre Premier introduisait très activement l’art laïque et beaucoup de peintres ont commencé à s’occuper de la peinture laïque et ils ne créaient presque pas d'icônes. Eh bien, ce sont des collectionneurs qui ont attiré l’attention des critiques d'art sur les icônes de cette époque. C'était dans les années 90, mais avant cela, pendant des années 60-70, nous avons eu la troisième période de l’histoire des collectionneurs russes. Cette période est peut-être la plus romantique car à cette époque les peintres russes voyageaient d’un village à l’autre, d’une église fermée à l’autre en cherchant des icônes pour les prendre et les garder, bien que cela fût puni par la loi. Ce n’est que grâce à ces gens que beaucoup d'oeuvres existent pour le moment. 

icones russes 08
  L'une des perles de la collection: une iconostase grecque. On l'a achetée en Allemagne, dans la galerie de Serafim Drisoulas, un collectionneur reconnu (Serafim Dritsoulas Gallery). C'est un peu bizarre mais ni le vendeur, ni l'acheteur n'ont jamais vue l'iconostase entière car Drisoulas l'a acheté aussi en kit. Il y avait des photos, mais les images ne correspondaient pas aux pièces disponibles. Néanmoins les restaurateurs ont résolu ce rébus magnifique.

 

A cette époque c’étaient des peintres qui collectionnaient les icônes russes. Les collectionneurs contemporains, qui sont-ils?

La plupart d’eux sont des hommes d'affaires, les gens qui ont des ressources. En 2004 dans la galerie Tretyakov il y avait une exposition des icônes de la collection privée de Bondarenko. Cet homme d’affaires est devenu le premier collectionneur russe qui a attiré l’attention de chercheurs sur ses icônes et les a ouvert au public. C'était le commencement de la nouvelle étape dans l'histoire des collections d'icônes. D'autre part Bondarenko est avant tout un homme d'affaire, il a fait valoir sa collection et puis l'a vendu, mais il y a d'autres collectionneurs dont le but n'était pas commercial. Beaucoup d'eux rêvaient d'organiser un musée, simplement ils ne sont pas parvenus.

La suite: clic

icônes russes au musée privé

Merci à la direction du musée pour les photos. 

  

 

 

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Published by Plume de loin La Plume de loin - dans les Russes racontent
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Basil_de_Moscou_3.jpgDescription: je suis russe, j'habite Moscou et c'est ma ville qui est le personnage principal de mon blog. J'aimerais vous présenter un tel Moscou qui n'est pas officiel.
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