Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 15:23

Parler d’une œuvre littéraire est un travail difficile - surtout en ligne, surtout en langue étrangère. Je voudrais m'y essayer tout de même car un livre m’a prise et ne me laisse pas depuis longtemps.

 

En russe il s’appelle « La poupée d’anges » et en français il est apparu sous le titre « Le Baptême des barreaux ».

 

Son auteur Edouard Kotchergine est peintre par métier ce qui se reflète dans ses textes, particuliers par le style et impitoyablement précis par les traits des époques que l’auteur a vues.

 

Ce sont les portraits des soviétiques dont la plupart sont les citadins de Léningrad où Edouard Kotcherguine est né en 1937, le jour où son père a été pris par le NKVD. Un peu plus tard, on a arrêté sa mère et le garçon s'est retrouvé à l’orphelinat. 

 

Évacué en Sibérie à cause de la guerre, Edouard s'en est enfui en 1953 pour revenir dans sa ville natale. Il a erré à travers le pays en entrant tantôt dans le milieu criminel, tantôt dans les autres orphelinats. Puis sa mère, revenue de l’exil, l'a retrouvé àLeningrad. 

 

C’est toute une galerie dessinée par les mots, par les dialogues, par la description des détails de la vie que l’oeil attentif d’un peintre tire du chaos de la réalité.

 

dessins de Edouard Kotchergine de son livre « La poupée d’anges »
dessins de Edouard Kotchergine de son livre « La poupée d’anges »
dessins de Edouard Kotchergine de son livre « La poupée d’anges »

dessins de Edouard Kotchergine de son livre « La poupée d’anges »

Il y en a des personnages de l’arrière – les fonctionnaires poltrons ou fanatiques, les femmes laides et sans aucune peur devant les autorités.

 

Il y ent a des « trains joyeux » qui transportent les criminels au Japon en été 1945 ; des voleurs dont les lois semblent plus honnêtes que celles de l'Etat ...

 

Il y en a des restes de la Russie tsariste, les ci-devant – sans espoir mais aussi sans haine ; les restes des troupes victorieuses soviétiques – sans mains et pieds, surnommés avec une précision impitoyable « les samovars »; les prostituées de tous les âges – cyniques mais élevant une fillette adoptive comme si elle était leur billet de paradis ; les religieux estropiés par la révolution qui continuent les Offices des morts car les vivants ont besoin de ce soutien éphémère ...

 

Il y a toute une quantité de gens perdus dans l’espace énorme de la géographie russe et de l’histoire russe. Perdus, buvant jusqu’à la perte de conscience ils ne sont pas capables de perdre leurs sentiments, leur nature humaine.

 

Ce sont les récits perçants, douloureux et malgré tout libres du pessimisme qui est typique pour les textes accusateurs mais incapables à retenir de l’agression, d’une nouvelle « guerre sacrée ».

Ce livre le peut. Au moins il a des arguments nécessaires.

 

Joyeux Noel à vous et que nos anges protègent les coeurs vivants de leurs poupées !

 

Littérature russe : La poupée d’anges
Littérature russe : La poupée d’anges

Partager cet article

Repost 0
Published by Plume de loin La Plume de loin - dans l'histoire les Russes racontent hors de Moscou
commenter cet article

commentaires

gene 16/02/2016 23:19

je le note . bisous

La Plume de loin 17/02/2016 07:32

:)

FANNY 26/12/2015 23:06

* t'apporte !!!!

FANNY 26/12/2015 23:06

Merci :-)

Bonnes fetes de Noel et de la fin de l'annee ! Que 2016 t'aporte des joies et , au monde, un peu plus de paix, de fraternite......

Bisous de GRECE ♥♥♥

Americano 25/12/2015 18:19

Merci de nous faire découvrir cette œuvre et son auteur.

La publicité que vous voyez à côté n'a aucun rapport avec mes textes. Son apparition provient de la nouvelle politique d'over-blog.

A propos du blog

Basil_de_Moscou_3.jpgDescription: je suis russe, j'habite Moscou et c'est ma ville qui est le personnage principal de mon blog. J'aimerais vous présenter un tel Moscou qui n'est pas officiel.
Contact